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Le nouveau ministre iranien des affaires étrangères "a été impliqué dans des activités terroristes" |
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jeudi, 25 août 2005 |
Iran Focus a appris que le porte-parole du parlement, Gholam-Ali
Haddad-Adel, un ultraconservateur proche du guide suprême Ali Khamenei,
avait rassurés en privé les députés en leur disant que l'Iran avait
obtenu des assurances de la part des autorités turques qu'ils
n'engageront aucune poursuite contre Mottaki.
Mottaki, a été jusqu'à présent le président de la sous-commission des
affaires étrangères du parlement. Auparavant, il a été vice-ministre
des affaires étrangères et a servi comme ambassadeur d'Iran en Turquie
et au Japon.
A l'époque où il était étudiant à l'université Bangalore en Inde,
Mottaki a été un islamiste radical, fervent défenseur de l'ayatollah
Khomeiny. Peu après la chute du régime du Shah en 1979, il est retourné
en Iran et a rejoint les rangs du Corps des gardiens de la Révolution
(Pasdaran). Après avoir participé à une sanglante campagne de
répression contre les dissidents Kurdes, Mottaki a rejoint le ministère
des affaires étrangères en tant qu'officier de liaison chargé des
relations entre ce ministère et les Pasdaran.
En 1985, Mottaki a été nommé ambassadeur d'Iran en Turquie. "Pendant
qu'il était en poste à Ankara, les gardiens de la Révolution iranienne
déguisés en diplomates ont perpétré en Turquie plusieurs attentats et
ont assassiné plusieurs dissidents iraniens" affirme l'opposition
iranienne. Dans les années 80 et au début des années 90, au moins 50
dissidents iraniens ont été kidnappés ou assassinés en Turquie par les
agents secrets du régime travaillant souvent étroitement avec des
diplomates en poste à l'ambassade et dans les consulats de l'Iran.
Pendant la période où Mottaki était ambassadeur en Turquie, l'ambassade
d'Iran à Ankara et le consulat général d'Iran à Istanbul se sont
transformé en centre d'espionnage et lieu de détention et de torture
des dissidents exilés" affirme les opposants iraniens. Leurs
affirmations ont été confirmées par d'anciens agents de services
iraniens.
Dans son livre publié en 1993 et intitulé "Le fondamentalisme
islamique, la nouvelle menace mondial", Mohammad Mohaddessine a précisé
que Mottaki, avant de joindre les services diplomatiques du régime
iranien, a été un membre du Corps des gardiens de la Révolution".
Mohaddessine affirme dans son livre que "Mottaki a été impliqué au
moins dans deux tentatives d'assassinat contre les Moudjahedines du
peuple".
Mohaddessine qui est le président de la commission des affaires
étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a été
lui-même la cible d'une tentative échouée d'assassinat en mars 1990 en
Turquie dans lequel un autre membre du CNRI a été grièvement blessé. A
l'époque les médias officiels iraniens avaient précipitamment annoncé
que "M. Mohaddessine a été assassiné à Istanbul".
Par ailleurs, Abolhassan Mojtahedzadeh, un militant politique
sympathisant de l'Organisation des Moudjahidines du Peuple d'Iran
(OMPI) a été kidnappé en 1988 à Istanbul par des agents de services
secrets iraniens. Il a été torturé dans les locaux du consulat général
de l'Iran à Istanbul. Ensuite les diplomates du régime iranien l'ont
ligoté et l'ont mis dans le coffre d'une voiture diplomatique pour
l'emmener par la route vers l'Iran. La police turque les a suspecté et
a procédé à l'inspection de cette voiture, à quelques kilomètres de la
frontière iranienne. Les policiers ont ainsi découvert l'opposant
iranien kidnappé dans le coffre de ce véhicule officiel de l'ambassade
d'Iran en Turquie.
D'autres victimes n'ont pas pu survivre. Selon Amir Farshad Ebrahimi,
un ancien membre du conseil central de "Ansar-e Hezbollah", un groupe
de pression affidés aux dirigeants ultraconservateurs du régime,
Mottaki a ordonné l'assassinat de deux Iraniens exilés en Turquie :
Bahram Azarnia (Azarfar) et Mohammad Qaderi,. Le corps de Azarnia a été
trouvé alors qu'il était criblé de huit balles. Qaderi a été enlevé et
assassiné. Son corps a été trouvé deux jours plus tard par la police
turque.
Le 7 août 1988, alors que Mottaki était encore ambassadeur d'Iran en
Turquie, 58 ressortissants iraniens qui avaient fuis leur pays ont été
remis par des autorités turques à l'ambassade d'Iran à Ankara. Quatre
d'entre eux ont ensuite été trouvés morts dans la ville de Gomoush. Les
54 autres ont été sommairement exécutés dans la ville iranienne
d'Ourmia dès qu'ils ont été transférés de l'autre coté de la frontière.
Les services de sécurité turque ont révélé plus tard que, Manoutchehr
Mottaki, avait donné des pots de vin aux fonctionnaires locaux en
Turquie pour étouffer cette affaire.
Selon Ebrahimi, le 16 novembre 1988, moins de quatre mois après ces
horribles assassinats, Mottaki a commandité l'enlèvement de neuf
membres de l'OMPI. Trois d'entre eux ont été froidement assassinés. Les
six autres ont été transférés vers l'Iran où ils ont été condamnés à
prison à vie pour leur opposition au régime.
Parmi les actes terroristes attribués à Mottaki, il y a notamment
l'enlèvement d'un ancien colonel de l'Armée de l'Air iranien en 1986.
Mohammad Pedram a été kidnappé à Ankara et transféré de force vers
Téhéran où il a été emprisonné dans la fameuse prison d'Evin avant
d'être exécuté en 2001.
Les autorités turques ont demandé à Mottaki de quitter la Turquie en
octobre 1989 pour son rôle dans les assassinats et les enlèvements
perpétrés dans ce pays. La Turquie a acceptée de ne pas employer le
terme "expulsion" pour permettre à l'Iran d'éviter une situation
embarrassante. Cette expulsion a été présentée comme un banal
changement d'ambassadeur.
Mottaki a ensuite été nommé vice-président de l'Organisation de culture
et de propagande islamique, une institution créée par le guide suprême
dans le but d'exporter la révolution islamique vers d'autres pays
musulmans. |