The Washington Times
Editorials/Op-Ed
De Hossein Abedini
Ça s’est passé il y a 15 ans, pourtant j’ai encore l’impression que
c’était hier. Le 14 mars 1990, en milieu d’après-midi, j’étais assis
près du chauffeur qui m’emmenait à l’aéroport d’Istanbul, lorsque nous
avons été pris dans un embouteillage causé par un accident.
Soudain, une voiture transportant quatre hommes nous a barré la route.
Une autre voiture nous a bloqués par derrière. Quelques secondes plus
tard, deux hommes, un de la voiture de devant et l’autre de la voiture
de derrière, sont sortis à toute allure brandissant des pistolets
automatiques. Alors qu’ils approchaient, j’ai ouvert la porte de la
voiture et me suis jeté sur eux avec dans les mains seulement un petit
porte-documents. L’un des deux hommes a tiré neuf balles ; le pistolet
de l’autre s’est enrayé. J’ai été touché à la poitrine et à l’estomac
et gravement blessé. Les agresseurs ont fui.
Heureusement, nous étions proches de l’Hôpital International
d’Istanbul, où j’ai été transporté rapidement. Je suis resté dans un
coma profond pendant 40 jours et inconscient pendant trois mois. Avec
80 % de mon foie en moins, j’avais du mal à survivre et mes médecins
m’ont considéré comme perdu plus d’une fois. Une balle m’est passée
très près du cœur. J’ai subi 14 opérations et reçu 87 litres de sang.
Je suis membre du Conseil national de la Résistance iranienne, la
coalition des mouvements de l’opposition iranienne. Les agresseurs
agissaient sur l’ordre du régime des mollahs, un État qui soutient le
terrorisme. Paradoxalement, il est devenu évident plus tard que ce
n’était pas moi que les tueurs à gages recherchaient. Mohammad
Mohadessine, le président de la Commission des Affaires étrangères du
CNRI, était leur vraie cible, comme l’a confirmé une radio d’État
iranienne.
Pourtant, les tentatives pour me tuer ont continué ; ils ont essayé de
m’achever à deux reprises à l’hôpital. Une fois, les assassins se sont
déguisés en agents de police turque pour approcher de l’hôpital ;
heureusement, la police turque est venue à l’hôpital en même temps et a
découvert la supercherie. Une autre fois, deux hommes prétendant être
des amis à moi sont rentrés dans ma chambre. Ils étaient envoyés par
les mollahs. Une fois de plus, j’ai eu de la chance ; plusieurs vrais
amis sont venus me rendre visite au même moment, et les meurtriers ont
fui.
Je suis l’un des rares à avoir survécu aux tentatives d’assassinats des
mollahs. Mon expérience est pertinente maintenant, puisque tout ceci
s’est passé lorsqu’Ali Akbar Hachemi Rafsandjani était président du
régime clérical. Avec les élections présidentielles qui approchent, il
est considéré comme le favori et certains occidentaux espèrent conclure
un marché avec lui.
Il est important de savoir qu’il existait un plan évident d’assassinats et de meurtres durant son précédent mandat.
Le Pr. Kazem Radjavi, l’activiste le plus célèbre en Iran militant pour
les droits humains, a été abattu en pleine journée par des tueurs à
gages des mollahs alors qu’il conduisait près de chez lui à Genève en
1990. Les Suisses ont impliqué 13 responsables iraniens avec des
passeports portant la mention « passeport de service ». Des documents
divulgués par la famille de M. Radjavi ont montré qu’en 1997, un
magistrat suisse détenait « incontestablement » suffisamment de preuves
pour justifier un mandat d’arrêt international contre le ministre
iranien des Renseignements de l’époque, Ali Fallahian.
Le meurtre de Radjavi n’a pas été pas un incident isolé sous la
présidence de Rafsandjani. Plusieurs dirigeants kurdes iraniens ont été
assassinés à Vienne en 1989 et à Berlin en 1992. La liste n’est pas
terminée.
Une cour de Berlin a jugé en 1997 qu’un comité secret incluant le guide
suprême Ali Khamenei, Rafsandjani, le ministre des Affaires Étrangères
d’alors Ali-Akbar Velayati et Fallahian, avait donné des ordres pour
les meurtres de 1992.
Les cibles des mollahs n’ont pas été uniquement des Iraniens. Le FBI a
établi la preuve formelle que Téhéran avait orchestré les attentats à
la bombe des Tours Khobar en Arabie Saoudite en 1996, provoquant la
mort de 19 soldats américains. Les dégâts de M. Rafsandjani ne se
résument pas qu’au terrorisme ; il est largement en faveur de
l’acquisition par l’Iran d’armes nucléaires.
Pendant vingt ans, la politique de complaisance de l’Europe a échoué.
L’idée de repêcher un modéré de l’intérieur du régime a été offerte
dans différents papiers d’emballage à différentes occasions, toutes
n’ayant eu aucun effet.
La faute la plus lourde de l’Occident a été d’essayer d’apaiser les
mollahs en taxant les Moudjahidine du Peuple, la principale opposition
iranienne, de terroristes. 120.000 membres et sympathisants de cette
organisation ont été exécutés jusqu’à présent. Les Moudjahidine ont
joué un rôle fondamental en exposant au grand jour le programme
nucléaire et le réseau terroriste des mollahs.
Cette décision de les mettre sur la liste du terrorisme dénoncée par
des juristes de renom comme sans fondement et dépourvue de toute base
légale, n’a fait qu’encourager les factions les plus extrêmes du régime
à la répression, au terrorisme et dans leur quête d’armes nucléaires.
Tout semble indiquer que le peuple iranien est complètement désabusé
par le système clérical et désire des changements fondamentaux en
faveur de la démocratie. Il serait naïf de mettre tous ces espoirs dans
Rafsandjani. L’Occident doit s’allier avec le cri du peuple iranien
pour la liberté. Une première étape serait de retirer les Moudjahidine
de la liste du terrorisme sur laquelle ils n’auraient jamais dû être.
L’Occident doit déclarer dans des termes non équivoques qu’il ne
reconnaît pas cette comédie comme une élection.
Hossein Abedini est membre du Conseil national de la Résistance
iranienne, une des nombreuses organisations essayant de renverser le
régime dans ce pays.
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