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Terrorisme et intégrisme islamique : les deux facettes d’un même problème |
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mardi, 19 juillet 2005 |
Plus de dix ans se sont écoulés depuis la première publication du livre
L’intégrisme islamique: La nouvelle menace mondiale. Depuis, l’idée
selon laquelle l’intégrisme islamique mené par Téhéran (une injure à
l’Islam, religion de la compassion et de l’amour) mettrait à exécution
ses intentions malveillantes et serait une menace à la paix, la
sécurité, l’amitié et les droits humains dans le monde, a dû faire face
à de nombreux défis. Dans les débats théoriques, certains ont essayé de
prouver que l’intégrisme islamique deviendrait plus modéré avec le
temps, pendant que d’autres tentaient de transformer le mot intégrisme
en extrémisme. Dans le monde politique, beaucoup se sont risqués (en
faisant des concessions) à ouvrir le dialogue et le débat avec les
dirigeants de cet inquiétant phénomène.
L’attentat à la bombe contre le Centre de la communauté juive à Buenos
Aires ; la tentative manquée de faire exploser l’ambassade israélienne
à Bangkok ; le meurtre des éditeurs et traducteurs des livres de Salman
Rushdie ; la conspiration terroriste en Allemagne contre Maryam
Radjavi, présidente de la République élue du Conseil national de la
Résistance iranienne ; l’importation par le ministère des
Renseignements de mortier géants de 320 millimètres pour l’Europe ; le
complot terroriste contre Yasser Arafat ; l’explosion à Riyad ;
l’attentat des tours Khobar à Dhahran, en Arabie Saoudite ; l’attentat
à la bombe contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie ;
les 128 opérations terroristes menées contre les Moudjahidine du peuple
en Irak, dont l’attaque d’un bus urbain des Moudjahidine près d’un
hôpital de Bagdad et le tir de 77 missiles sol-sol sur les bases des
Moudjahidine en Irak : voici seulement un aperçu des activités
terroristes et offensives que les dirigeants de Téhéran et leurs agents
ou leurs alliés intégristes ont menées, tuant des milliers d’innocents.
Pourtant, même lorsque le responsable de la radiotélévision de Téhéran
déclarent que « les bombardements des bases de la [Résistance]
iranienne en Irak sont un avertissement adressé aux autres plus petites
nations de la région de ne pas jouer avec la queue du lion », beaucoup
de parties prenantes internationales préfèrent l’ignorer.
La tragédie du 11 septembre : une attaque éclair stratégique
Les événements tragiques du 11 septembre 2001 (le détournement d’avions
de voyageurs aux Etats-Unis et les attentats du World Trade Center et
du Pentagone), durant lesquels des milliers de personnes ont trouvé la
mort et qui représentent l’acte terroriste le plus destructeur de
l’histoire contemporaine, ont choqué le monde, surtout les Etats-Unis.
Un ancien haut responsable du gouvernement américain a mentionné dans
les heures qui ont suivi les attentats qu’il se demandait comment il
était possible que des terroristes aient été capables de mener à bien
leur plan sans que les services de renseignements américains n’aient la
moindre information à ce sujet. Personne ne doute du fait que, d’un
point de vue politique, économique et sur le plan de la sécurité, les
conséquences négatives des attentats meurtriers du 11 septembre sont
beaucoup plus importantes que celles de la guerre du Golfe Persique
dans les années 1990.
Même si l’identité des auteurs de cette tragédie n’est pas avérée,
personne ne doute du fait qu’ils appartiennent tous au même camp :
l’intégrisme islamique. Ils osent utiliser le nom de Dieu et de l’Islam
pour piétiner tous les principes et dépasser toutes les limites dans le
but de promouvoir leurs intentions funestes. Jeudi 20 septembre 2001,
dans son discours devant le Congrès américain, le Président George W.
Bush a décrit les auteurs des attentats comme des musulmans radicaux et
des extrémistes qui marchent main dans la main avec le fascisme, le
nazisme et le totalitarisme. Si l’on veut mettre toutes ces expressions
sous un seul et même nom, aucun ne saurait être plus expressif que
l’intégrisme islamique.
Dans la quête de réponse à la tragédie du 11 septembre, s’enfermer dans
un labyrinthe technique, tactique et d’information pour essayer
d’analyser les personnalités des auteurs directs des attentats serait
une erreur capitale. Au-delà de toutes les analyses, les vingt-deux
dernières années nous ont appris que dans le monde d’aujourd’hui, le
terrorisme est l’autre facette de l’intégrisme islamique et qu’il est
en fait nécessaire à son existence. Dans la guerre contre un ennemi
aussi redoutable, essayez la tactique de l’amitié et des compromis et
vous finirez certainement bombardés.
L’exportation de la révolution : un objectif spécifique
Khomeiny a institutionnalisé l’ « exportation de la révolution »
et la création d’une empire islamique mondiale, pas seulement en tant
qu’idéal mais en tant qu’objectif et programme spécifiques comme on
peut le constater en plusieurs endroits dans sa constitution.
L’avant-propos de la constitution du régime est en partie le suivant :
« Au vu du contexte de la Révolution islamique d’Iran, mouvement pour
la victoire de tous les opprimés sur les oppresseurs, celui-ci rend
possible la poursuite de la révolution à l’intérieur et à l’extérieur
du pays, en particulier en tissant des liens internationaux avec
d’autres mouvements islamiques populaires, et il permet de tenter
d’instaurer une ummah (nation) mondiale unique, pour que la lutte pour
le salut des nations défavorisées qui souffrent puisse continuer ».
Voici les termes exacts d’une autre partie de l’avant-propos, intitulée
« Armée Idéologique » : « L’Armée de la République islamique et les
corps des gardiens de la révolution… ont pour devoir non seulement de
protéger les frontières, mais aussi un devoir idéologique, celui du
Djihad pour Dieu et la lutte pour répandre là règle de la loi de Dieu
dans le monde ».
Voici ce que dit le Chapitre Onze de la constitution : « Le
gouvernement de la République islamique d’Iran est obligé de baser sa
politique générale sur la coalition et l’unité des nations islamiques
et de tenter de parvenir à l’unité politique, économique et culturelle
du monde islamique ».
Téhéran : la capitale mondiale du fondamentalisme et du terrorisme
L’Iran bénéficie d’une position unique dans le monde de l’Islam grâce
à, parmi d’autres, sa situation géographique, ses ressources naturelles
et son rôle historique et culturel dans le développement de la
civilisation islamique. Ainsi, la victoire des mollahs a vite
transformé Téhéran en la capitale mondiale des intégristes, situation
similaire à la relation entre Moscou et le Marxisme. Encore plus
significatif que de l’argent ou des armes, Téhéran a fourni aux
courants fondamentalistes un soutien idéologique, politique, régional
et international.
Les mouvements intégristes, qui jusque là étaient pour la plupart
faibles et isolés, sont devenus les armes du régime clérical pour
l’exportation du terrorisme et du fondamentalisme, et c’est ainsi que
le phénomène menaçant du terrorisme est devenu mondial. Toute tentative
de séparation du terrorisme et du fondamentalisme serait dangereuse,
voire futile dans le meilleur des cas.
Pendant les années 1980 et 1990, au moins 90 pourcent des principaux
attentats terroristes avaient un lien soit avec Téhéran, l’épicentre du
fondamentalisme et du terrorisme islamique, ou avec ses représentants,
agents et mouvements qui sont parvenus à se développer sous l’influence
des mollahs de Téhéran. Voici une liste partielle des attaques
terroristes perpétrées soit par Téhéran, soit par des intégristes
agissant sous son hégémonie ou son influence :
● L’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran et la capture
d’otages américains en 1979. Il s’agissait en fait d’une déclaration de
guerre par ce nouveau mouvement qui a effectivement démontré son
potentiel de rivalité face à l’Occident et son hystérie.
● La prise d’otages occidentaux, et en particulier d’Américains, au Liban dans les années 1980.
● L’explosion de la caserne des Marines américains au Liban en 1983.
● Le bombardement du vol 103 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie, en
Ecosse, en 1988. L’explosion d’un 747 d’Air France à l’aéroport de
Téhéran en 1983.
● Plusieurs attentats à la bombe dans les rues de Paris en 1986, qui ont tué et blessé un grand nombre de civils.
● La pendaison au Liban du Colonel américain William Higgins, qui travaillait pour les Nations Unies.
● Le transport par bateau de 51 colis d’explosifs vers l’Arabie
Saoudite (qui ont été découverts avant leur détonation) en 1986 dans le
but de tuer des pèlerins. Le massacre de plus de 400 pèlerins à la
Mecque en 1987.
● L’attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires.
● Le meurtre d’intellectuels et auteurs anti-fondamentalistes en Turquie. Le décret visant à assassiner Salman Rushdie.
● Le massacre d’un grand nombre de dissidents iraniens, en particulier
les Moudjahiddines en Allemagne, en Suisse, en France, en Suède, en
Italie, en Turquie, au Pakistan et aux Emirats Arabes Unis.
Ces attaques terroristes, qui ont causé des milliers de pertes humaines
à travers le monde, ne représentent qu’une petite fraction du passé
sanglant du fondamentalisme islamique mené par les mollahs au pouvoir
en Iran.
Avec un tel passé derrière eux, il était peu surprenant que deux
semaines après les événements tragiques du 11 septembre 2001, le guide
suprême du régime clérical, Ali Khamenei, ait déclaré dans son discours
: « Nous ne pensons pas que le gouvernement américain soit sincère dans
le combat contre le terrorisme. Il n’est pas sincère et ne dit pas la
vérité. Il poursuit d’autres objectifs. Nous ne croyons pas les
Etats-Unis qualifiés pour prendre la tête d’un mouvement mondial contre
le terrorisme ».
Prenant la parole devant des milliers de fidèles, qui criaient « Mort à
l’Amérique », « Mort à Israël », « Mort aux Moudjahiddin », Khamenei a
ajouté : « Je le répète pour l’opinion publique dans notre pays et dans
le monde entier, nous voulons que tout le monde sache que l’Iran
islamique ne participera pas au mouvement menée par l’Amérique… Les
terroristes les plus intransigeants et les plus maléfiques se trouvent
chez vous aux Etats-Unis ».
Le 26 septembre, des agences de presse ont rapporté que Mohammad
Khatami « a sévèrement réprimandé Bush » et a dit : « La déclaration de
Bush selon laquelle vous êtes soit avec eux, soit avec les terroristes
est une dichotomie du plus mauvais genre… Une superpuissance normale
est capable d’atteindre ce degré d’arrogance et d’illusion parce que la
personne concernée pense qu’elle peut distinguer le bien du mal à elle
seule».
L’appel des mollahs au terrorisme
Les hauts responsables du régime ont à plusieurs reprises appelé à
commettre des actes criminels ou en ont assumé la responsabilité. A
l’occasion du septième anniversaire de l’attaque de l’ambassade
américaine à Téhéran, Hashemi Rafsanjani, le président du parlement de
l’époque, a déclaré : « Ils nous ont tenu responsables du coup que les
Américains ont reçu et de l’humiliation dont ils ont souffert au Liban.
Nous [en] sommes en effet responsables ».
Lors de la prière du vendredi le 5 mai 1989, Rafsanjani a avancé : « Si
pour chaque Palestinien martyrisé par les mercenaires israéliens, cinq
citoyens américains ou français étaient tués, ils ne commettraient plus
de tels crimes… Les Palestiniens pourraient se dire, que si c’était le
cas, le monde nous prendrait pour des terroristes. Je leur réponds
alors, ne vous ont-ils pas déjà catalogués ? »
Mohsen Rafiqdoust, le ministre des Gardiens de la Révolution de
l’époque, a déclaré : « Dans la victoire de la révolution au Liban et à
beaucoup d’autres endroits, l’Amérique a senti l’impact de notre
puissance sur son corps sinistre, et sait que le TNT comme l’idéologie
qui en une seule explosion envoie 400 officiers en enfer, les
sous-officiers et les soldats au quartier général des Marines ont été
fournis par l’Iran. L’Amérique le comprend très bien : c’est pourquoi
ils se sentent aussi impuissants dans le Golfe Persique ».
Mohsen Rezai, le commandant en chef des Gardiens de la Révolution de
l’époque, a déclaré : « La furie et la haine des Musulmans vont un jour
exploser au cœur de Washington et l’Amérique nous tiendra responsables
de ses répercussions… Le jour viendra où, comme Salman Rushdie, les
Juifs ne pourront plus trouver un seul endroit où vivre sur terre».
Mohammad Khatami, le président du régime iranien qui parle maintenant
de dialogue entre les civilisations, a déclaré autrefois ce qui suit à
propos de l’auteur britannique Salman Rushdie : « Salman Rushdie,
l’auteur des Versets Sataniques, doit être exécuté en accord avec la
fatwa religieuse de l’Imam Khomeini, et il n’y a aucun moyen pour lui
d’échapper à l’exécution de cet ordre. Par la publication de ces
Versets Sataniques blasphématoires, l’Orient et l’Occident criminels,
et en particulier les dirigeants britanniques, ont prouvé au monde
qu’ils ne sont pas que les ennemis de la République islamique et de
l’Imam, mais qu’ils sont les ennemis de l’Islam et de plus d’un
milliard de Musulmans dans le monde. Le silence de la part des
dirigeants arabes au sujet de la publication des Versets Sataniques a
montré qu’ils défendent l’Islam et le Coran seulement de manière
superficielle ».
L’hostilité envers la paix et la liberté
Une des caractéristiques du fondamentalisme islamique, particulièrement
tel que les mollahs au pouvoir en Iran l’entendent, est cette hostilité
envers la paix et cette inclination pour le sabotage du processus de
paix au Moyen Orient. Les conspirations des mollahs et de leurs alliés
en Palestine et dans les pays arabes contre Arafat, l’Organisation pour
la Libération de la Palestine et l’Autorité palestinienne sont restées
inchangées. Dans toutes les manifestations contrôlées par l’Etat à
Téhéran afin de soutenir la Palestine, « Marre d’Arafat » et « Marre
des révisionnistes » sont devenus des slogans routiniers. Jusque là,
plusieurs complots de meurtres contre Arafat, pensés par le régime de
Téhéran, ont été découverts et neutralisés. Un meeting de l’Intifada à
Téhéran en avril dernier, avait pour but tout simplement de mettre la
pression sur l’Organisation pour la Libération de la Palestine et de
stimuler l’opposition et les groupes anti-paix.
Quant à Israël, le régime iranien a toujours désiré sa disparition de la surface de la terre.
Le soutien logistique et financier au terrorisme et au fondamentalisme
Les déclarations des dirigeants du régime à propos de l’exportation du
terrorisme et du fondamentalisme bénéficient d’un énorme soutien
financier et logistique de la part de vastes réseaux à l’intérieur et à
l’extérieur du pays. Le ministère des Renseignements, les Corps des
Gardiens de la Révolution, le bureau de Khamenei, le ministère des
Affaires Etrangères, l’Organisation de la Culture et de la Propagande
Islamiques, le ministère de la Guidance et beaucoup d’autres
institutions sont impliqués dans l’exportation du terrorisme. La
structure organisationnelle du régime pour l’exportation du terrorisme
et du fondamentalisme, comparé à il y a huit ans lorsque ce livre est
paru, s’est améliorée de manière significative.
Une section importante du ministère des Renseignements du régime des
mollahs se consacre aux activités terroristes et d’espionnage à
l’étranger. De nombreuse agences de renseignements occidentales
l’admettent. Par exemple, la Force Qods, cinquième force des Corps des
Gardiens de la Révolution, a été créée spécialement pour des activités
terroristes en dehors de l’Iran. Le chapitre IX de ce livre décrit la
structure et les opérations de la Force Qods.
L’Organisation de la Communication et de la Propagande Islamiques est
un système énorme qui est présent dans des dizaines de pays et détient
un budget de plusieurs centaines de millions de dollars. Outre la
préparation pour l’exportation du terrorisme et du fondamentalisme, il
est chargé du recrutement de Musulmans et d’Arabes pour les bataillons
terroristes du régime. Cette organisation est née de la fusion de cinq
grandes organisations sous l’ordre de Khamenei, et elle agit sous le
contrôle de celui-ci. Les ambassades et les bureaux représentant le
régime à l’étranger, ainsi que d’autre institutions qui s’occupent
apparemment de services culturels et religieux à l’étranger, servent
l’objectif d’exporter le terrorisme et le fondamentalisme.
Les dimensions des atrocités commises par le régime des mollahs ont
atteint une telle ampleur que malgré les interventions économiques et
politiques, les pouvoirs judiciaires de certains pays, surtout des pays
européens, ont souligné le rôle des leaders de ce régime dans ces
atrocités. Le Juge Roland Chatelain, le magistrat d’investigation
suisse, a annoncé en 1990 que l’assassinat du Dr Kazem Rajavi a été
orchestré par 13 Iraniens, tous détenant des passeports de service du
régime iranien. Il a déclaré en juin 1998, cependant, que ce meurtre a
été commis par les mollahs du ministère des Renseignements.
Une cour fédérale à Berlin, après un jugement de quatre longues années
concernant les meurtres au restaurant Mykonos, a affirmé dans son
verdict qu’un comité des plus hauts dirigeants du régime iranien, y
compris le guide suprême, le président, le ministre des Renseignements
et le ministre des Affaires Etrangères, avait ordonné des assassinats
en dehors du pays, dont ceux de Mykonos. Plus tôt, la cour de Berlin
avait issu un mandat d’arrêt contre le mollah Ali Fallahian, le
ministre des Renseignements du régime.
L’ère Khatami
Il y a quatre ans, lorsque Khatami est devenu président de l’Iran,
beaucoup croyaient que tout le régime des mollahs changerait : le
Velayat-e-faqih et le fait que le régime théocratique suivrait le
chemin de la modération. Connaissant Khatami et la nature du système
Velayat-e-faqih, la Résistance iranienne n’a pas fait de telles
interprétations erronées.
Il y a neuf ans, lorsque j’ai rédigé ce livre, alors que je croyais que
Khatami ne serait jamais président de ce régime, j’ai qualifié son rôle
de rôle d’ecclésiastique d’un niveau assez bas à la tête du ministère
de la Guidance islamique, un marchepied fondamental pour l’exportation
du terrorisme et du fondamentalisme. En tant que l’un des théoriciens
principaux du régime, il a déclaré à propos de la thèse de
l’exportation de la révolution : « Que regardons nous lorsque nous
voulons définir notre stratégie ? Regardons-nous la protection de notre
intégrité territoriale ou notre expansion ? Regardons-nous l’expansion
ou la protection ? Nous devons absolument penser à l’expansion. »
Néanmoins, la présidence de Khatami est devenue une opportunité pour
certains en Occident qui voulaient conclure des marchés avec le régime
des mollahs. Ils parlaient de Khatami comme d’un « modéré », un
partisan de « la société civile », de « disparition des tensions » et
d’espoir pour la « démocratie ». Ils ont essayé d’ouvrir la voie pour
l’épanouissement de leurs relations en exacerbant l’illusion de la
modération de Khatami, en donnant un visage humain au fondamentalisme
et en identifiant l’Iran sous le pouvoir des mollahs comme un modèle de
démocratie islamique. Mais Le peuple iranien et la Résistance savaient
depuis le début que Khatami ne voulait ni réformer ni n’était capable
de réformer ce régime, si ce régime médiéval est cependant réformable.
Intensification de la menace
L’International Herald Tribune du 3 avril 2001 rapportait : « Le
diplomate en charge du Moyen Orient au Département d’État a déclaré que
l’Iran avait accentué son soutien au ‘terrorisme’, un des
indicateurs-clés que Washington utilise afin d’évaluer le gouvernement
iranien. Edward Walker, secrétaire d’État adjoint, [a affirmé] ‘Je
dirais que, d’après moi, le problème du soutien de l’Iran au terrorisme
a empiré... Ceci est très problématique ».
En mai 2001, le Secrétaire d’État Colin Powell a déclaré lors d’une
séance du Congrès que le régime iranien « continue à s’accrocher à une
idéologie » qui n’est pas adaptée au vingt-et-unième siècle. Le rapport
annuel du Département d’État, Patterns of Global Terrorism (les profils
du terrorisme dans le monde), publié en avril 2001, a une fois de plus
mentionné l’Iran comme « l’État le plus actif dans le soutien du
terrorisme » dans le monde.
Le Los Angeles Times du 6 mai 2001 citait un haut responsable américain
: « L’Iran est devenu plus actif (dans le terrorisme) depuis l’automne
dernier. Cette intensification est pour ainsi dire régulière et
soutenue… Dans le passé, l’Iran essayait de limiter ses liens directs
avec des opérations extrémistes… Désormais les Gardiens de la
Révolution au Liban lui fournissent plus de soutien logistique. D’après
des sources arabes et américaines, le gouvernement jordanien est
tellement préoccupé par l’importance accrue de l’Iran dans ces
opérations que le Roi Abdullah II a soulevé le problème pendant sa
visite à Washington le mois dernier. On se situe dans un tournant : ces
dernières années, la Jordanie avait observé une baisse des activités de
l’Iran, mais le pays a fait marche arrière à l’automne dernier ».
Michael Sheehan, coordinateur à l’époque de la lutte contre le
terrorisme du Département d’État, déclarait le 10 février 2000 dans un
discours au Brookings Institute : « Ma principale source d’inquiétude
aujourd’hui dans la lutte contre le terrorisme se trouve en Asie du
sud-ouest, et particulièrement dans deux pays, l’Afghanistan et l’Iran…
L’Iran continue à soutenir des groupes terroristes tels que le
Hezbollah, le Hamas, le Djihad islamique palestinien et le PFLPGC
dirigé par Ahmad Jabril, afin de saboter le processus de paix au Moyen
Orient. Comme l’a témoigné le Directeur de la CIA, George Tenet, l’Iran
demeure l’État le plus actif dans le soutien du terrorisme et je
soutiens pleinement cette thèse ».
Des armes de destruction massive
Pendant le mandat de Khatami, non seulement la situation intérieure
s’est détériorée, y compris les libertés individuelles et sociales,
mais en plus la politique de l’Iran en matière de terrorisme n’a pas
changé. George Tenet, directeur de la CIA, a déclaré le 7 février 2001
lors d’une séance du Comité des Renseignements du Sénat : « Le
militantisme islamique est en train de se développer et le réservoir
mondial de recrues potentielles pour les réseaux terroristes est en
train de s’agrandir. En Asie du centre, au Moyen-Orient et en Asie du
sud, des organisations terroristes tentent d’attirer de nouvelles
recrues, également sous la bannière de l’anti-américanisme… La volonté
de l’Iran de mettre fin à son isolation n’a pas entraîné un déclin de
son désir d’utiliser le terrorisme pour poursuivre son objectif
stratégique en politique étrangère. Ces deux dernières années, Téhéran
a en réalité accru son soutien aux groupes terroristes opposés au
processus de paix.
L’effort soutenu du régime iranien pour obtenir et faire proliférer des
armes de destruction massive est toujours une priorité absolue pour
Khatami. Un rapport du National Intelligence Council présenté au
Congrès américain en septembre 1999 souligne que « l’Iran est le
premier pays hostile le plus apte à tester un missile capable de
frapper les États-unis dans les quinze prochaines années. L’Iran
pourrait mettre à l’essai un missile qui délivrerait une puissance de
plusieurs centaines de kilogrammes en plusieurs endroits aux États-unis
à la fin de la prochaine décennie grâce à la technologie et à l’aide
russes ».
Dans un rapport datant de janvier 2001, le Pentagone a déclaré : «
L’Iran est l’un des pays cherchant le plus à obtenir des armes
nucléaires, bactériologiques et chimiques, ainsi que des missiles. Les
programmes NBC et de missiles de l’Iran se sont poursuivis ces
dernières années malgré la rhétorique anti-occidentale modérée du
Président Khatami ».
La politique de rapprochement avec les mollahs
Étant donné les circonstances actuelles, la politique de rapprochement
avec les mollahs menée par l’Occident n’a fait que les encourager à
poursuivre davantage leurs politiques et leurs objectifs. Examinons un
exemple typique. Les dirigeants américains sont conscients depuis
longtemps du rôle du régime des mollahs dans l’explosion des tours
Khobar en Arabie Saoudite (juin 1996), où dix-neuf officiers de l’armée
américaine ont trouvé la mort. En juin 2001, un article publié dans le
magazine New Yorker ainsi qu’un rapport de la United Presss
International (UPI) ont révélé, en citant des hauts responsables
américains, que le directeur du FBI Louis Freeh avait préparé une liste
des individus responsables de l’explosion des tours Khobar. Il avait
présenté la liste à l’administration Bush afin qu’elle engage des
poursuites. La liste faisait apparaître le nom de dirigeants
appartenant au régime des mollahs.
Le 6 mai 2001, l’UPI a rapporté que les États-Unis détenaient la «
preuve irréfutable » que le régime des mollahs était le coupable
principal des attentats terroristes de juin 1996. Rapportant les
paroles d’un haut responsable américain, l’UPI a écrit : « Le FBI est
parvenu à cette conclusion il y a bien longtemps mais a dû renoncer à
la faire connaître pour des raisons politiques ».
Le 3 avril 2001, l’International Herald Tribune a publié : « les
observateurs de l’Iran au sein du gouvernement américain disent que
l’administration Clinton fait pression pour mettre en sourdine toute
critique du gouvernement Khatami, ce qu’il juge plus propice au
rapprochement des deux pays ».
Téhéran a interprété la conduite de Washington comme un signe de
faiblesse. Les mollahs sont devenus ainsi plus rigides dans la
poursuite de leurs politiques terroristes. Celles-ci étaient
considérées comme le « talon d’Achille » du gouvernement. En mars 2000,
Madeleine Albright, dans son discours à l’Asia Society, a annoncé des
sanctions américaines sur certains produits d’exportation iraniens et a
souligné la volonté de son gouvernement d’améliorer ses relations avec
Téhéran. Les mollahs au pouvoir, qui ne demandaient pas mieux que de
recevoir de telles récompenses aussi inéquitables, ont sauté sur
l’occasion pour intensifier leurs activités terroristes et
l’exportation du fondamentalisme. Ironiquement, quelques mois après
avoir fait une telle concession au régime des mollahs, les responsables
du Département d’État se sont plaints de constater une « augmentation
évidente » des activités terroristes du régime dans la région. Mais
pourtant, le Département d’État a manqué de faire le lien entre cette
augmentation et la politique d’apaisement et de rapprochement avec les
mollahs.
La crise en Afghanistan : le résultat final de l’empire des mollahs
Avec une politique d’exportation de la révolution et du terrorisme, le
régime fait tout son possible pour générer des centres de crise. Le
Liban a été le premier à en faire les frais et a peut-être vécu
l’expérience la plus coûteuse. Le régime des mollahs est parvenu à
utiliser les circonstances particulières au Liban pour le transformer
en un pôle important de terrorisme et d’intégrisme.
Le dilemme en Afghanistan a été créé essentiellement par le régime des
mollahs et se poursuivra certainement jusqu’à ce que le régime soit
renversé. Au printemps 1979, après le changement de gouvernement en
Iran, l’Union Soviétique qui comptait sur un renversement de
l’équilibre des pouvoirs dans la région, a occupé l’Afghanistan. Dans
les années qui ont suivi, le régime de Téhéran a essayé d’exercer une
influence considérable sur la marche des événements en Afghanistan,
tout en maintenant une entente cordiale avec Moscou. Cette tâche a été
accomplie en influençant les mouvements islamiques qui étaient opposés
à l’Union Soviétique. A cette fin, plusieurs branches on été créées au
sein du corps des gardiens de la révolution et le ministère des
Renseignements pour attiser davantage le feu de la guerre civile en
Afghanistan. Chose extrêmement importante, en raison de la présence du
régime des mollahs dans la région et à travers ses efforts continus
pour empêcher l’instauration d’une solution démocratique et moderne, il
est parvenu à faire entrave à une conciliation nationale dans ce pays.
Ce serait naïf de considérer ces événements comme la suite naturelle
des choses en Afghanistan. L’histoire et le contexte de l’Afghanistan
ne justifient en rien l’absence totale de tout mouvement démocratique.
Deux facteurs ont joué un rôle : le premier est la participation active
de Téhéran et le deuxième la solution de compromis choisie par
l’Occident, et les États-unis en particulier, avec diverses forces
réactionnaires dans ce pays. Ce dernier facteur n’a donc pas empêché le
rôle destructeur de Téhéran dans la naissance d’un tel climat.
Une erreur historique
Afin de répondre à la question qui a été soulevée au début de cet essai
et dans le but d’expliquer la cause des attentats inattendus du 11
septembre (au-delà du domaine tactique et technique), nous devons
souligner que ceux-ci sont dus au fait que l’extrémisme islamique n’a
pas été considéré comme une menace sérieuse et majeure. La deuxième
raison est la tentative d’apaisement vis-à-vis du gouvernement des
mollahs, le centre du fondamentalisme mondial. Les Moudjahiddin et la
Résistance iranienne ont à maintes reprises prévenu que le
fondamentalisme islamique et le régime des mollahs ne cesseraient pas
leur politique terroriste. Nous devons les considérer comme la menace
la plus importante de notre ère pour la civilisation humaine.
Devions-nous payer un prix aussi fort pour arriver à prendre cette
menace au sérieux et prendre conscience d’une telle force nuisible ?
Une réponse unilatérale inclut nécessairement Téhéran
Au vu des événements récents, si nous utilisons la force militaire en
réponse au terrorisme uniquement en Afghanistan (ou ailleurs) sans nous
concentrer sur le fondamentalisme dans son intégral, ses racines
sociopolitiques et son centre de pouvoir dans la région, cette
stratégie va se retourner contre nous et va davantage encourager les
éléments extrémistes. La réponse aux terroristes ne doit pas être
sélective. Cela signifie qu’alors que les auteurs de la tragédie du 11
septembre doivent être punis, les responsables de l’attentat à la bombe
de Khobar, de l’explosion de la base des Marines américains au Liban,
des prises d’otages au Liban et à Téhéran et bien d’autres crimes
terroristes (commis par les agents du régime de Téhéran) ne doivent pas
rester impunis. Dans le cas contraire, le sérieux de la lutte contre le
terrorisme serait véritablement endommagé.
L’extrémisme, ainsi que son jumeau, le terrorisme, demeureront une
menace à la paix, à la stabilité et à la tranquillité aussi longtemps
que sa capitale mondiale sera opérationnelle. C’est seulement en
renversant le régime des mollahs et sa capitale que la menace
disparaîtra. A ce moment-là, même si les éléments extrémistes
continuent d’exister, comme pour le sort des partis communistes après
l’effondrement de l’Union Soviétique, ils n’auront aucun rôle, ou tout
du moins, ne constitueront pas une menace.
Si, à côté de mesures militaires, nous ne faisons aucun effort
politique, régional et international, le régime de Téhéran restera le
cœur du fondamentalisme. Sans une action politique forte contre le
régime iranien, toutes les mesures militaires, politiques ou
idéologiques contre l’Afghanistan ou tout autre parti concerné, ne nous
mèneront pas à notre objectif final. Comme l’a conclu William Safire
dans sa colonne du New York Times le 17 septembre : « Si… l’on peut
aider la grande majorité des Musulmans pacifiques à gagner leur guerre
théologique interne, les solutions militaires d’aujourd’hui
n’engendreraient pas les tragédies de demain ».
Je crois que dans la lutte contre le fondamentalisme islamique, en plus
de solutions militaires et de sécurité, nous avons également besoin de
solutions politiques et culturelles. C’est la meilleure et façon, et
aussi l’unique façon concrète, de démontrer que le but est de lutter
contre le terrorisme et l’extrémisme, et qu’il n’est en rien de
l’animosité envers l’Islam.
Le symbole d’un Islam tolérant et démocratique
Le symbole d’un Islam tolérant, anti-fondamentaliste et démocratique
est Maryam Rajavi. Elle a joué un rôle clé non seulement en révélant la
vraie nature du régime misogyne qui gouverne l’Iran, mais aussi en
empêchant les extrémistes de tirer avantage du sentiment religieux du
Peuple pour arriver à leurs fins.
En juin 1995, dans un discours devant environ 15000 Iraniens et
dignitaires étrangers en Allemagne, elle a déclaré en référence aux
extrémistes gouvernant l’Iran: « Ces démagogues commettent leurs crimes
au nom de l’Islam, acte méprisable et épouvantable, et lui-même un de
leurs crimes les plus odieux. En tant que musulmane, je proclame que
les colporteurs de religion qui gouvernent l’Iran au nom de l’Islam,
mais versent le sang, oppressent le peuple et prônent l’exportation du
fondamentalisme et du terrorisme, sont eux-mêmes les pires ennemis de
l’Islam et des Musulmans. Le jour viendra où ils seront obligés de
renoncer au nom de l’Islam ».
Un an plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de la
Résistance, lors d’un énorme rassemblement de 25000 personnes à
Londres, elle a appelé à la création d’un front international contre le
fondamentalisme. Voici un extrait de son discours :
De Téhéran, le cœur battant de la théocratie, la pieuvre du
fondamentalisme étend ses tentacules maculés de sang dans les États
islamiques et les sociétés musulmanes à travers le monde. C’est la
menace principale pour la paix mondiale et régionale. En exploitant les
croyances religieuses de plus d’un milliard de Musulmans, les mollahs à
la tête de l’Iran promeuvent l’expansionnisme tout en exportant la
crise et la discorde. Leur politique étrangère consiste à se mêler des
affaires des pays islamiques, à émettre des fatwas pour assassiner des
étrangers et à lancer des opérations terroristes à l’étranger. Cette
politique revêt également d’autres aspects tels que dépenser des sommes
astronomiques d’argent pour des armes de tous genres, en particulier
des armes de destruction massive bactériologiques, chimiques et
nucléaires. Une telle politique étrangère est intrinsèque à la nature
des extrémistes. La théocratie qui dirige l’Iran prospère sur le dos de
la crise. Elle est hostile à la plus importante initiative de paix
mondiale au Moyen Orient et ses politiques et ses actes ne font
qu’alimenter les extrémistes et les fondamentalistes bellicistes. Cette
réalité prouve à quel point le spectre sinistre du fascisme religieux
hante la paix mondiale. La communauté mondiale, à son tour, a le devoir
moral de lutter contre ce phénomène et de le vaincre.
J’insiste à nouveau sur le fait que ces réactionnaires qui répriment le
peuple iranien, et en particulier les femmes iraniennes, et qui
exportent le terrorisme et le fondamentalisme sous couvert de religion,
n’ont rien en commun avec l’Islam. Ils sont des colporteurs de religion
et utilisent le nom de l’Islam pour poursuivre leurs objectifs
sinistres et inhumains. L’Islam est la religion de la paix, de la
liberté, de l’égalité, de l’amour, de la clémence et de la libération ;
alors que la mentalité extrémiste des mollahs repose sur la vengeance,
l’hostilité et l’ignorance et est en guerre contre les valeurs humaines
et la paix mondiale.
Alors que la fin du vingtième siècle approche, l’hostilité honteuse du
fondamentalisme à l’encontre des valeurs humaines et de la paix dans le
monde se révèle être un sujet d’inquiétude international… La communauté
internationale ne s’est pas montrée suffisamment sensible aux dangers
de l’apaisement vis-à-vis de la dictature religieuse et terroriste à la
tête de l’Iran. Ainsi, les mollahs trouvent encore l’occasion de tirer
parti d’une telle conciliation. Grâce au chantage de la terreur, ils
prennent en otage les politiques et même les principes moraux des
gouvernements ».
Finalement, elle a déclaré : « Un front commun contre le
fondamentalisme est dans l’intérêt de la paix mondiale et empêchera une
répétition de l’expérience amère de l’apaisement du fascisme à l’aube
de la Seconde Guerre Mondiale ».
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