L’envergure du réseau secret PDF Print E-mail
ImageLe ministère iranien des Renseignements et de la Sécurité n’a du ministère que l’appellation, car il fonctionne sous le contrôle direct du guide suprême, l’ayatollah Ali Khameneï. Il ne dépend ni du gouvernement, ni du parlement. Il a un budget tenu secret et se place au-dessus des lois. Ces vingt dernières années, il s’est transformé en une énorme machine à répression politique.

La pratique du terrorisme par le régime iranien en guise de complément à sa politique étrangère est devenue ces 25 dernières années une activité professionnelle et structurée, organisée par le ministère des Renseignements et de la Sécurité (VEVAK). Cette pratique a servi de marchepied pour obtenir des avantages des pays occidentaux ou pour exercer davantage de pressions sur les opposants au régime encore en vie. Beaucoup de diplomates iraniens ont déjà servi dans ce ministère, dans le corps des gardiens de la révolution islamique ou dans d’autres agences de sécurité. Le Vevak travaille en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour des opérations menées à l’étranger, en particulier en se servant des ambassades iraniennes dans le monde comme bases de collecte de renseignements et comme laissez-passer diplomatiques pour les agents impliqués dans des activités terroristes.

Au sein du ministère, les agents subissent des tests rigoureux avant que ne leur soit accordées une autorisation officielle et une confiance totale pour participer à des opérations qui pourraient éventuellement impliquer les plus hauts niveaux hiérarchiques du régime dans des affaires de corruption d’Etat, si quelqu’un venait à dévoiler les activités de l’agence. Beaucoup de membres, venant d’autres services de sécurité du pays et qui ont eux-mêmes été triés sur le volet, ont pour première mission de prendre part à l’assassinat et à la torture des dissidents, afin de s’assurer de leur loyauté au régime et au Guide Suprême. Seuls les cadres les plus fidèles ont leur place dans l’organisation.

Au fil des années et à plusieurs occasions, le ministère a procédé à des « purges internes », à la suite desquelles les agents montrant une certaine faiblesse « disparaissaient » ou « se suicidaient » comme par hasard. De 1997 à 1998, après qu’une série de meurtres sauvages de dissidents iraniens par les « liquidateurs » du ministère ait été rendue publique, le vice-ministre des Renseignements de l’époque, Saïd Emami, a été emprisonné à la suite d’accusations évidentes, puis « s’est donné la mort » en prison. Lé régime a ainsi empêché toutes fuites d’informations sensibles à propos des opérations du ministère, qui auraient eu pour conséquence de compromettre tous les dirigeants de la théocratie. De tels purges et meurtres internes au sein du ministère du VEVAK a suscité une querelle aux plus hauts niveaux hiérarchiques de l’agence, qui a conduit à l’arrestation de hauts dirigeants se trouvant du côté des perdants.