Un dénommé Saïd Emami PDF Print E-mail
mardi, 31 janvier 2006
Un dénommé Saïd EmamiSaïd Emami (alias Saïd Eslami ou Shamshiri) est né à Chiraz, (centre)  d'une famille juive iranienne et portant le nom initial de Daniyal Ghavami.  Il a passé plusieurs années de sa vie aux Etats-Unis où il étudia le génie mécanique. Au terme de ses études supérieurs, il a été embauché à la section des intérêts iranienne à l'ambassade du Pakistan à Washington et ensuite à la mission iranienne aux Nations Unies. Durant cette période  il a été recruté par les services de Renseignements iraniens et à son retour en Iran Emami a été directement transféré au ministère des Renseignements. 

A l'époque où Mohammad Mohammadi Reyshahri était au poste du ministre des Renseignements, Saïd Hajjarian, alors directeur général du ministère, avait exprimé son opposition  à la nomination de Saïd Emami  à ce  ministère en raison de son antécédent familial. Mais en 1989, lorsque Ali Fallahian  remplaça Reyshahri comme ministre des Renseignements, il nomma aussitôt Saïd Emami en tant que son adjoint pour des affaires de sécurité.


Il était resté inconnu du public jusqu'en automne 1998, quand les corps mutilés de Dariush Forouhar et de son épouse Parvaneh Eskandari Forouhar, chefs du parti d'opposition Mellat, furent découvert à leur domicile au sud de Téhéran.  Plusieurs semaines plus tard, le ministère des renseignements déclara que leurs décès étaient considérés comme des assassinats et que des membres renégat de ce ministère, responsables du crime, avaient agi sans l'approbation du ministre  Dorri-Najafabadi.


Selon le procureur militaire, Niazi,  Emami a été le principal responsable de ce crime politique. Au printemps 1998 le procureur, annonça qu'Emami s’était suicidé en prison en ingérant un produit sanitaire contenant de l'arsenic.  Le récit bizarre de la mort d'Emami en prison, tandis qu'il était sous la surveillance constante de ses geôliers, n'a pas réussi à convaincre l'opinion publique.  L'avis général était qu'il a été assassiné afin d'empêcher la fuite d'informations sensibles sur les opérations du ministère des renseignements, ce qui auraient pu compromettre les dirigeants de la République islamique.


Vers la fin de 1999, la presse révéla qu'Emami est un responsable direct "des meurtres en série" durant les années 80 et 90 :
La mort mystérieuse de l’écrivain Saïdi Sirjani, le massacre des leaders kurdes au restaurant Mykonos à Berlin, la tentative échouée de conduire l'autocar de 21 journalistes dissidents iraniens dans un précipice sur leur chemin vers l’Arménie, la mort soudaine d'Ahmad Khomeini (le fils de Khomeini), les meurtres successives d'intellectuels tels Mohammad Jaafar Pooyandeh, Mohammad Mokhtari, Pirooz Davani, et Majid Sharif.


  Plus tard, un film vidéo du discours d'Emami à l'université d'Hamadan a été diffusé dans lequel il expose avec ferveur ses convictions extrémistes sur les questions sociales.

Plus tard, pendant l'amendement de la loi sur la presse par le parlement, Emami a été décrit par le journal Salam comme l'auteur de ce projet de loi répressive, pour lequel ce journal fut interdit de publication. Cette interdiction déclencha les grandes  manifestations estudiantines de 1999 à Téhéran. 


Dans ses révélations, Jamshid Tafrishi, un ancien déserteur des services de renseignement iraniens a écrit: "... j'ai rencontré Saïd Emami (alias Shamshiri), qui fut le numéro deux du ministère des renseignements pendant huit années et l’instigateur des assassinats d'au moins 100 dissidents en Iran. Le dernier cas de ces meurtres en série a été exposé en novembre 1998, quand Dariush Forouhar et son épouse Parvaneh ont brutalement été assassinés dans leur domicile à Téhéran.


Emami a également été responsable de l'assassinat de dizaines de d'opposants à l'étranger.  J'ai pu aussi rencontré Mostafa Kazemi (alias Sanjari, adjoint d'Emami), Amir Hossein Taqavi (responsable des opérations contre l'OMPI au ministère des renseignements) et Hossein Shariatmadari (un ancien général des Pasdarans et représentant du guide suprême Ali Khamenei au journal officiel Kayhan). Mon contact au ministère était un dénommé Reza, adjoint de Saïd Emami.  Il fut révélé plus tard que son identité réelle était Morteza Qobbeh. Sa tâche principale était de recruter ceux qui avaient quitté les rangs des l'Organisation des Moudjahédines du peuple."