Qui est derrière Iran-Interlink ? PDF Print E-mail
dimanche, 20 novembre 2005
Image« Iran-Interlink » s’identifie de la manière suivante :
Iran Interlink est un groupe de pression / une organisation de soutien qui fournit un point de contact aux familles et aux amis des membres des Moudajahidin-e Khalq iraniens. Il informe sur la nature réelle des Moudjahidin en tant que secte religieuse / culte de la personnalité ; il expose les violations des droits humains fondamentaux des membres des Moudjahidine ; attribue la responsabilité des actions terroristes et des violations des droits humains des Moudjahidine et en fait part à son leader, Massoud Radjavi ; aide les personnes qui veulent quitter les Moudjahidine à trouver un refuge ; assiste ceux qui quittent les Moudjahidine à accepter leurs expériences à l’intérieur du groupe et à se réintégrer dans la communauté ; et réunit les personnes qui quittent les Moudjahidine et leur famille et amis. Iran Interlink est basé à Leeds », en Grande Bretagne.
Massoud Khodabandeh et sa femme britannique Ann Singleton gèrent le site de leur domicile à Leeds. Tous deux étaient auparavant associés avec les Moudjahidine iraniens. Il semble que Singleton n’en ait jamais été membre. Elle s’est affiliée aux partisans des Moudjahidine à Londres dans les années 1980 et a finalement suivi le mouvement avec ceux qui sont partis en Irak visiter le camp de l’Armée de libération nationale de l’opposition iranienne pour une période de deux mois au début des années 1990. L’ALNI est en Irak depuis 1986 pour opposer une résistance viable au régime iranien à partir du seul pays voisin où c’était possible. Singleton a quitté l’Irak, sentant qu’elle n’était pas à sa place au milieu d’une lutte à laquelle elle ne croyait pas.

Khodabandeh a été avec les Moudjahidine jusqu’en 1996 où il a décidé de quitter la lutte de son plein gré et de faire ensuite partie de ses sympathisants pour une brève période. Tous deux avaient quitté l’organisation librement après avoir constaté que toute une vie de lutte contre les mollahs de Téhéran était trop difficile. Ils se sont mariés peu de temps après. Ils ne se doutaient pas que le ministère des Renseignements et de la Sécurité allait leur faire une offre qu’ils ne pourraient refuser.

Peu de temps après avoir quitté les Moudjahiddin, Khodabandeh a été recruté par le ministère iranien des Renseignements et de la Sécurité (VEVAK) dans une opération clandestine menée par le conseil Elteghat (Eclectique) du ministère à Téhéran. L’objectif de cette opération était de séduire, cajoler et soudoyer d’anciens membres de la résistance qui avaient quitté la lutte pour les retourner contre leurs anciens compagnons d’armes. Ils fourniraient d’abord un travail d’espionnage pour des assassinats d’activistes de la résistance sur le sol européen et mènerait plus tard une vaste campagne de désinformation afin de diaboliser les Moudjahiddin et de les isoler à l’intérieur de l’Europe et des Etats-Unis où ils bénéficiaient d’un large soutien. Il est important de noter que peut-être plusieurs centaines d’anciens membres et partisans ont quitté les rangs des Moudjahiddin durant les 40 années de son existence pour des raisons personnelles. Mais la plupart continue de soutenir les Moudjahiddin en assistant à leurs manifestation, en apportant un soutien financier et en participant à des activités pour sensibiliser les gens au problème de la démocratie en Iran. Le couple Khodabandeh a cependant décidé, tout comme une poignée d’anciens membres, d’unir sa destinée à celle du régime iranien et de participer à l’opération clandestine du VEVAK.

Khodabandeh a un emploi du temps chargé, faisant des voyages coûteux en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Malaisie et dans d’autres pays. Il fait ces voyages pour militer contre ses anciens collègues et les présenter comme des terroristes, des « laveurs de cerveau », des assassins, des bourreaux et un tas d’autres allégations sans preuve. Dans la lutte politique entre le régime iranien des ayatollahs et l’opposition iranienne, Khodabandeh se plait à prendre un ton neutre, ne faisant jamais de critique à propos du soutien de son gouvernement au terrorisme, à des groupes intégristes, à propos de sa politique de fabrication d’armes nucléaires, ni des violations des droits humains en Iran par le régime. Beaucoup diraient cependant que ses attaques passionnées contre les Moudjahidine du peuple donnent une vision déformée de ses penchants politiques et remettent en question son train de vie onéreux avec ses voyages en avion dans différents pays dans le but d’attaquer un groupe qui, en général dans l’équilibre des forces, contrebalance le régime meurtrier des mollahs en Iran.

Les motivations se cachant derrière Iran-Interlink sont d’autant plus suspectes aux yeux des dissidents iraniens lorsque l’on sait que Singleton s’est rendue à Téhéran durant l’hiver 2002, avant de lancer son site Internet. A son arrivée à l’aéroport Mehrabad de Téhéran, elle a rencontré des agents du ministère des Renseignements qui s’étaient intéressés à son passé. Il semblerait que Singleton se soit portée volontaire pour aider à sauver son nouveau beau-frère, Ebrahim Khodabandeh, qui a été par la suite arrêté et extradé en Iran par les autorités syriennes à l’aube de la Guerre du Golfe. Ebrahim Khodabandeh a depuis retourné sa veste et s’est activement engagé dans une guerre de propagande contre les Moudjahidine iranien. Durant sa visite en Iran qui a duré un mois, Ann Singleton a rencontré sa belle-mère et lui a demandé de faire pression sur son fils (Ebrahim) pour qu’il quitte les Moudjahidine. La mère d’Ebrahim lui a avoué plus tard que le régime l’avait autorisée à quitter l’Iran pour un voyage au Royaume-Uni afin de voir Ebrahim l’année précédente, à condition qu’elle l’ « aide » à quitter la résistance et à retourner en Iran. Alors qu’il était à Londres, Ebrahim Khodabandeh avait rempli une déclaration écrite sous serment à la cour confirmant qu’Ann Singleton et son frère avait créé Iran-Interlink sur ordre du VEVAK.